Renouvellement de la charte de partenariat

L’événement « Dunkerque a la Banane » a célébré la présence des acteurs de la filière de la banane antillaise – des producteurs UGPBAN, la CMA CGM, le Port, le syndicat des dockers CNTPA et le logisticien Dunfresh – réunis pour renouveler la charte de partenariat qui les lie depuis 1998. Deux jours qui ont permis de valoriser la Banane de Guadeloupe et de Martinique auprès du grand public également via différentes grandes manifestations et animations.

 Un premier accord, qui fête cette année ses vingt ans, a permis de développer plus de 500 emplois à Dunkerque, grâce aux bananes qui arrivent chaque semaine de Guadeloupe et de Martinique, et qui sont acheminées dans les entrepôts de Dunfresh.

Historique

En 1998, lassés des bananes qui se perdent sur le port du Havre en raison des grèves à répétition, les producteurs de bananes de Martinique et de Guadeloupe signent un accord avec les dockers de Dunkerque. Leur principal syndicat est dirigé aujourd’hui par Franck Gonsse : « À l’époque, on a garanti une fiabilité en travaillant sur un dialogue social constructif en se disant que nous pouvions attirer ces bananes antillaises sur le port de Dunkerque. Et ça s’est concrétisé par des emplois pour les dockers et dans la logistique ».

Signature d’une charte de partenariat

Temps fort de ces journées  la signature d’une charte de partenariat pour l’exportation de la banane antillaise. Elle a été signée par le Grand Port maritime de Dunkerque (GPMD), l’Union des groupements de producteurs de bananes de Guadeloupe et Martinique (UGPBAN) avec Eric de Lucy, le transporteur maritime CMA CGM, avec la présence de Rodolphe Saadé, le syndicat des dockers CNTPA-CSOPMI et Dunfresh. Ce partenariat a été fortement salué et applaudi par les nombreux invités : la député de Guadeloupe Hélène Vainqueur, les producteurs de la filière de la Banane de Martinique et de Guadeloupe, les représentants des autres entreprises de Dunkerque, le maire de Dunkerque et le Président de Région des Hauts de France, Xavier Bertrand qui a tenu a salué ce partenariat qui contribue à l’essor de cette région et au développement du Port et qui favorise fortement l’emploi.

Table ronde en présence notamment d’Hélène Vainqueur et de Rodolphe Saadé (à gauche sur la photo) ©Outremers360
Eric de Lucy Président de l’UGPBAN s’est dit très fier de ce partenariat bénéfique pour tous. « Ce partenariat met la Banane française au centre des préoccupations. Nous espérons aller encore plus loin, nous espérons monter en puissance, les producteurs s’adaptent de plus en plus vite aux nouvelles techniques et aux nouvelles demandes. Du côté des consommateur, il sont très réceptifs à la banane française. (…) La nouvelle charte n’oublie pas les petits producteurs qui viennent de lancer la Banane Équitable. Les premiers retours des consommateurs sont très bons ». A noter La Banane Française Equitable est produite par des petits producteurs en exploitations de moins de 5 hectares. A terme elle pourrait concerner environ 400 producteurs de la filière.

Une histoire d’hommes et de confiance, une histoire de partage et de terroirs  

Les producteurs de Martinique et de Guadeloupe produisent 270 000 tonnes de bananes, dont 70 % sont commercialisées en France et 30 % à l’export indique Philippe Ruelle, directeur général de l’UGPBAN  « Nous sommes déjà présents dans 3 000 magasins de la grande distribution à travers la France, sur un total de 7 000. Notre objectif, c’est d’atteindre 4 000 magasins d’ici l’année prochaine  », ajoute Philippe Ruelle.

 Au-delà des chiffres, l’aspect le plus important est la relation de confiance qui s’est développée, au fil des années, entre l’UGPBAN, le port, le syndicat des dockers et Dunfresh. « La banane, à Dunkerque, c’est une histoire d’hommes et de confiance, une histoire de partage et de terroirs. Au-delà des volumes, c’est cette confiance qui dure depuis maintenant 20 ans qui est le point le plus important », souligne Stéphane Raison, président du directoire de Dunkerque-Port. « La charte de partenariat qui vient d’être renouvelée », enchaîne Franck Gonsse, secrétaire général de la CNTPA-CSOPMI, « c’est la preuve de la fiabilité du port de Dunkerque en général, et des dockers en particulier, qui privilégient un climat de paix sociale depuis plus de 25 ans ».

Des retombées en emplois supplémentaire dans la logistique 

En termes d’emplois, la filière de la banane antillaise à Dunkerque devrait se traduire, à plus ou moins court terme, par la création de 190 emplois supplémentaires. La banane française n’est plus simplement dispatchée pour être vendue mais elle est reconditionnée. Une technique imparable indique un des responsables de Dunfresh : « On vient poser un ruban tricolore, sur lequel on indique le nombre de fruits. Ce scotch permet au consommateur d’éviter d’avoir à arracher la banane en rayon. Cela permet d’éviter aussi la casse qu’avait le magasin ». Et la demande de bananes estampillées françaises est si forte que Dunfresh devrait embaucher entre 150 et 180 personnes d’ici deux ans. Chaque lundi, un bateau arrive et jusqu’à 80 camions repartent par semaine.

Quatre nouveaux bateaux pour CMA CGM afin de transporter les bananes antillaises

Dirigé par Rodolphe Saadé, le groupe CMA CGM, un des leaders mondiaux du transport maritime, a renouvelé son contrat de transport de la banane antillaise avec l’Union des producteurs de bananes de Guadeloupe et de Martinique (UGPBAN) jusqu’en 2026. Il a également signé dans la soirée la charte de partenariat et a en profité pour indiquer qu’il s’occupe personnellement que de deux clients : un géant américain, Walmart et l’UGPBAN. La raison, indique-t-il, tient dans la relation tissé avec Eric de Lucy et la réactivité de son organisation.

Stocks de bananes antillaises chez le conditionneur Dunfresh ©Outremers360
Chaque année, CMA CGM transporte 270 000 tonnes de bananes antillaises jusqu’à Dunkerque. Rodolphe Saadé, a annoncé que quatre nouveaux navires dédiés aux Antilles françaises seront livrés en 2019. Le CMA CGM Fort de France, qui sera livré en janvier, sera le premier exemplaire d’une commande de quatre porte-conteneurs qui battront pavillon français. Chacun d’entre eux pourra transporter 3 300 EVP (conteneurs équivalents vingt pieds) et disposera de 850 prises pour brancher les conteneurs réfrigérés (ou « reefer »). Cela permettra le transport des bananes dans des conditions de conservation optimale.

 

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